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Quelques mêlées célèbres…
FEVRIER 1961 : FRANCE - AFRIQUE DU SUD
La mêlée légendaire |
Que n’a-t-on pas dit, écrit, imaginé,
fantasmé, sur ces fameuses premières mêlées
d’un match qui, avant même d’être joué,
avait enflammé toute la France du rugby ? Le journaliste-écrivain
Denis Lalanne en a tiré l’un de ses chefs d’œuvre,
‘’La mêlée fantastique’’.
A la télé, le commentateur Roger Couderc y a gagné
ses premiers galons de ‘’seizième homme’’,
Des milliers de passionnés se sont remémoré,
sans doute en l’embellissant, l’esprit de résistance
du pack français à qui on promettait l’enfer,
contre ces Sud-Africains qui avaient fait plier tous les Britanniques.
Pour faire mentir les pronostiqueurs, les ‘’Tricolores’’
de François Moncla avaient d’abord misé
sur une extrême motivation, une hargne même, symbolisée
par le duel Domenech-Du Toit qui vira tout de suite à
l’aigre au point que l’arbitre menaça d’arrêter
le match. Mais ils avaient fait aussi de la stratégie
en choisissant des deuxièmes lignes, Saux et Bouguyon,
qui ressemblaient à des piliers (ils mesuraient moins
d’1m85) pour renforcer la poussée. Bilan : quatre
ballons pris sur introduction adverse et un score rarissime
(0-0) qui fit basculer définitivement le match dans la
légende. |
NOVEMBRE 1974 : FRANCE - AFRIQUE DU SUD
Un bouchon de champagne de 105 kilos ! |
Une semaine auparavant, à Toulouse, les Français
avaient été tout simplement laminés par
le pack sud-africain (défaite 13-4). Même Estève
et les cinq Biterrois avaient ressemblé à de petits
garçons. A Paris, ils tenaient tous à remettre
les pendules à l’heure. Certes, les ‘’Springboks’’
réussirent quand même à l’emporter
avec pas mal de chance et contre le cours du jeu (10-8); mais
dès la première mêlée, les ‘’Tricolores’’
avaient exorcisé leur complexe d’infériorité.
Opposé à Armand Vaquerin, le droitier sud-africain
Marais fit le bouchon de champagne malgré ses 105 kilos.
L’honneur était sauf. Hélas, la France du
rugby n’en prit pas acte. Le match n’avait pas été
télévisé ! |
FEVRIER 1980 : FRANCE - ANGLETERRE
« Jamais pareille marche arrière ! » |
Ce jour-là, à Paris, les Français recevaient
la visite du pack de Bill Beaumont, pas vraiment des athlètes
mais plutôt des tracteurs de très grosse cylindrée.
Ces derniers allaient imposer aux ‘’Tricolores’’
une mémorable séance de reculades. À tel
point que le score final (13-17) apparut ridicule au regard
de l’énorme domination des Anglais. « J’ai
pensé à quarante points », confia, blême,
Elie Pebeyre, le patron de l’armée mexicaine des
sélectionneurs, assassinés pour avoir choisi des
joueurs trop tendres (Carpentier, Duhard), en méforme
(Maleig) ou pas à leur place (Salas). A gauche, le malheureux
Salas fut littéralement dévoré par Blakeway
et sa position très basse; à droite, Paparemborde
en personne fut secoué par Cotton même s’il
évita le ridicule total en poussant de travers sur le
talonneur Wheeler. « Jamais pareille marche arrière
! » titra Midi Olympique. Ce Waterloo de la mêlée
française ne fut pas sans conséquences puisqu’il
déboucha sur la remise en question du fonctionnement
du XV de France. L’archaïque comité de sélection
avait vécu, il serait bientôt remplacé par
un coach en bonne et due forme. |
MARS 1986 : FRANCE - ANGLETERRE
Chilcott jette l’éponge ! |
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Après avoir marqué
trois essais sur mêlées enfoncées aux
Irlandais, les Anglais pensaient disposer d’un nouveau
pack de fer. En quelques semaines, Peter Chilcott (avec sa
bille de clown) était devenu une vraie vedette. On
l’avait même vu suivre des cours de français
dans un collège pour mieux provoquer ses vis-à-vis
français. En fait de provocation, on assista à
une vraie humiliation. Sur la première mêlée
introduction Angleterre, les Français mettent la pression,
gagnent le ballon et Chilcott se relève illico, défait
sans avoir combattu, complètement dégoûté
par le cinq de devant adverse : Marocco-Dubroca-Garuet-Condom-Haget,
inchangé durant tout le Tournoi. Les Anglais ne devaient
jamais se remettre de cette entrée en matière.
Au final, ils furent déclassés 29-10 : «
Nous rêvions que la première introduction soit
pour les Anglais. Nous avons profité du fait que leur
talonneur soit occupé à ratisser le ballon et
non à pousser. Nous avons poussé à quinze,
et même à seize avec Fouroux – alors entraîneur
- », déclara Dubroca. « Je n’ai pas
entendu Chilcott parler français quand il ahanait »,
dit Garuet. Aujourd’hui, moins sarcastique, il dévoile
la botte secrète de la mêlée bleue : «
On était plus forts alors on imposait une double flexion
à l’adversaire. C’est à dire que
l’on poussait une deuxième fois quand le ballon
était dans les pieds de notre huit. Deux ou trois fois
comme ça et ça les crevait pour le restant du
match.» |
JUIN 1987 : NOUVELLE-ZELANDE – FRANCE
Le collapsus des ‘’All Blacks’’ |
Ne cherchons pas à
finasser. Ce jour-là, en finale de la première
Coupe du monde, les ‘’All Blacks’’
étaient intouchables (29-9) mais les Français
ont quand même un regret : la fameuse mêlée
de la première période, alors que le score n’était
que de 9 à 3. Les Néo-Zélandais étaient
acculés sur leur ligne et craignaient par dessus tout
de se faire enfoncer. Sur le sujet, les souvenirs de Jean-Pierre
Garuet sont encore très précis : « On
les avait surclassés à Nantes et ils nous craignaient.
J’avais demandé à l’équipe
de télévision française d’aller
les filmer discrètement à l’entraînement.
En visionnant la cassette, on s’est rendu compte qu’ils
avaient mis au point une nouvelle tactique. A l’époque,
les arbitres avaient des consignes très strictes. Si
une première ligne battue s’écroulait
près de sa ligne, c’était essai de pénalité.
Pour éviter cette humiliation, ils avaient décider
de tous tomber en même temps. Ils avaient passé
toute une séance à s’écrouler à
huit juste pour surprendre l’arbitre. Et en match, ça
a parfaitement marché. » Effectivement, sur cette
mêlée décisive, Garuet, Dubroca et Ondarts
dévorent McDowell, Dalton et Drake mais l’Australien
M. Fitzgerald parut complètement déboussolé
par le collapsus de la mêlée noire. « On
avait jamais vu ça. Ils nous l’ont fait deux
fois de rang. Il n’a pas osé siffler l’essai.
Il s’est contenté de d’une vague pénalité.
Pour moi, le match s’est joué là. Les
‘’All Blacks’’ étaient payés
de leur travail. »
Jérôme Prevot |

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