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Le « Haka », cri de combat
À l'heure du professionnalisme,
un rituel ancestral venu des îles du Pacifique continue d’enthousiasmer
la foule des stades de rugby. Les « hakas » perpétuent
une tradition plus que centenaire. Tonguiens, Samoans et Fidjiens,
îliens du Sud, ont le leur, mais un seul de ces chants fait
véritablement partie de l’imagerie populaire : le «
haka » néo-zélandais, ou « Ka mate ».
Qui a vu le visage des All Blacks s’assombrir un peu plus
au moment du chant sait quelle influence il peut avoir sur le moral
des troupes et sur celui de l’adversaire…
Mais tous ne se laissent pas impressionner. On ne compte plus les
équipes qui sont allés défier les Néo-Zélandais
en plein rite et on a encore en mémoire le mémorable
face-à-face des « hakas » néo-zélandais
et tonguiens, lors de leur affrontement au premier tour de la Coupe
du monde 1999, que l’arbitre dut interrompre tant l’ambiance
était électrique. « Ka mate » - chant
et danse mêlant discipline et spontanéité -,
que les Maoris, un peuple guerrier de Polynésie, exécutaient
avant de combattre, n’a, à l’origine, rien de
belliqueux.
Aux alentours de 1820, Te Rauparaha, un chef de la tribu des Ngati
Toa, voulant échapper à une tribu rivale, demande
protection au chef de Kumara, un village voisin du sien. Celui-ci
accepte et cache le fuyard dans une fosse. Te Raupahara aurait alors
crié : « Ka mate ! Ka mate ! » (« Je meurs
! Je meurs ! ») pour exprimer sa peur d’être repéré,
puis « Ka ora ! Ka ora ! » (« Je vis ! Je vis
! ») une fois le danger écarté. Le rite, célébrant
la mort et la résurrection, s’est perpétué.
Quand on le célèbre, « le corps entier doit
parler », affirme Henare Teowai, un maître reconnu du
genre. Alan Armstrong, dans son ouvrage « Jeux maoris et haka
», précise : « Le haka est une composition jouée
par plusieurs instruments : les mains, les pieds, les jambes, le
corps, la voix, la langue et les yeux. » Le saut final serait
un ajout venu du « peruperu », un autre haka à
consonance plus guerrière, en général réalisé
avec des armes.
C’est en 1905, lors de la première tournée qui
a marqué l’histoire du rugby, que les joueurs néo-zélandais
mènent leur premier «Ka mate ». Ceux qu’on
appelle les « Incomparables » frappent les esprits et
gagnent, en même temps que leurs lettres de noblesse, un surnom
qui va les suivre : les « All Blacks ».
Mais ce n’est qu’en 1987, pour la première édition
de la Coupe du monde, que les Néo-Zélandais entonnent
le « Ka mate » sur leur propre sol. Auparavant, seuls
les spectateurs des tournées avaient eu le plaisir d’admirer
le rituel. Taine Randell, capitaine des All Blacks pour la quatrième
Coupe du monde, maori et à ce titre meneur du haka, confirme
le caractère rassembleur du rite : « L’important
est de lire la fierté et la détermination dans les
yeux de mes partenaires. La peur de mes adversaires m’importent
peu. »
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Les paroles
Ka mate
! Ka mate !
Ka ora ! Ka ora !
Tenei ta tangata puhuruhuru
Nana nei i tiki mai
Whakawhiti te ra
A upane, ka upane !
A upane, ka upane !
Whiti te ra ! Hi!
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C’est la mort ! C’est la mort !
C’est la vie ! C’est la vie !
Le voici l’homme chevelu
Qui est allé chercher le soleil
Et l’a fait briller à nouveau
Un pas vers le haut,
un autre pas vers le haut
Un pas vers le haut,
un autre pas vers le haut
Le soleil brille ! Hi !
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