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Toulouse, 13 mai 1934…
C’est la finale attendue par tout le Pays Basque entre ses
deux représentants : les Bleus et Blancs de l’Aviron
Bayonnais et les Rouges et Blancs du Biarritz Olympique… Chaque
club présente cinq joueurs internationaux. Dans un stade
plein, ce fut une rencontre d’anthologie, remplie d’attaques
et de contre-attaques, menée par les Biarrots 5-0 à
la mi-temps et encore 8-6 alors qu’il ne reste que dix minutes
à jouer. Un drop et un essai font pencher la balance pour
les Bayonnais du capitaine Paul Brouzeng (13-8). Le retour sera
triomphal et comme un avant-goût des Fêtes de Bayonne,
nées deux ans plus tôt. Le maillot Bleu et Blanc fait
rêver tous les gamins de la région où fleurissent
bientôt les écoles de rugby et les clubs.
L’entre deux guerres consacre le jeu offensif de l’Aviron
Bayonnais. La Fédération crée le Challenge
Besset-Pothier, récompensant le club ayant marqué
le plus grand nombre d’essais en Championnat. Il sera définitivement
attribué à l’Aviron, vainqueur des cinq premières
éditions, de 1934 à 1938, et trône encore aujourd’hui
au Garage de la Nive.
L’historique club parisien du Racing Club de France invite
les meilleures équipes françaises à disputer
le Challenge Yves-du-Manoir, qui deviendra le second trophée
important du rugby national. Les Bleus et Blancs battront Perpignan
(9-3) en finale le 8 mars 1936 à Toulouse, pour s’inscrire
une première fois au palmarès. Fidèles à
leur réputation, ils marquent un essai parti de leur en-but…
Après quatre d’ans d’interruption, le Championnat
de France reprend lors de la saison 1942-1943. La finale opposera
les vainqueurs de la zone libre (Agen) et ceux de la zone occupée
: l’Aviron Bayonnais du grand Jean Dauger, revenu à
son club d’origine, et sous le capitanat de Maurice Celhay,
Champion en 1934, futur président. A Paris, dans un Parc
des Prince plein malgré les rigueurs de l’époque,
devant une équipe plus physique, les avants Bleus et Blancs,
galvanisés par René Arotça, fantastique malgré
une sévère blessure à un genou, résistent
et à dix minutes de la fin, un essai de l’ailier Pierre
Larre leur donne la victoire (3-0).
De nouveaux finalistes l’année suivante, ils subissent
la supériorité de Perpignan (5-20) malgré un
essai fantastique de Jean Dauger.
L’Aviron Bayonnais attendra les années 70 pour retrouver
une génération bénie : celle de Pétrissans,
troisième ligne et capitaine exemplaire, des piliers internationaux
Iraçabal et Dospital, des trois-quarts Bélascain,
Perrier, Pardo, eux aussi sélectionnés en équipe
de France. Ils décrocheront un deuxième Challenge
Yves-du-Manoir en 1980 face à l’ogre de l’époque,
l’AS Béziers et son pack de fer. Par un jeu intelligent,
autre et fidèle à son éthique, l’Aviron
s’impose (16-10) au Parc des Princes.
Ils reviennent dans le grand stade parisien le 29 mai 1982, pour
la finale du Championnat face à Agen. Dix mille Bayonnais
ont mis leur tribune en Bleu ciel et Blanc mais dès la 4e
minute, Sella (hors-jeu ?) contre un dégagement et marque.
Les Agenais récidivent et prenne le large. Le courage et
les attaques incessantes n’y changeront rien (9-18).

Champions de France 1943
Challenge Yves-du-Manoir 1980 |
Les années 80 verront les éclosions
de Patrice Lagisquet puis Jean-Michel Gonzales aujourd’hui
entraîneur et capitaine du Biarritz Olympique puis plus tard
celle de Christophe Lamaison, tous internationaux français.
La section rugby, fidèle aux préceptes de bonne gestion
du club omnisports, ne se lance pas dans la surenchère due
à la professionnalisation de son sport, officialisée
en 1995. Un an plus tard, avec une équipe de joueurs formés
pour la plupart en interne (et une charnière 9-10 de vingt
ans), le club descend en 2e division …avec un budget bénéficiaire,
frôlant même une nouvelle rétrogradation dans
deux matchs de barrage au couteau.
La reconquête sera lancée après de vifs débats
au sein du club. La relance ne partira pas cette fois de l’en-but
de Saint-Léon comme tant d’autres. Une section professionnelle
est créée au tournant du siècle et, après
une victoire sur le terrain de Périgueux, l’Aviron
Bayonnais fait son grand retour dans l’élite du rugby
français le 6 juin… 2004, fêtant ainsi de la
plus belle façon son Centenaire.


Parc des Sports
Municipal "Saint-Léon"
Stade Jean-Dauger
Construit par la ville de Bayonne
après la seconde guerre, le Parc des Sports
municipal, un terrain principal, trois terrains secondaires
et un fronton de pelote basque, prendra longtemps
le nom "officieux" de Saint-Léon,
quartier où il se niche, à deux pas
du Garage de la Nive, siège de l’Aviron
Bayonnais, près des remparts séculaires
et du centre historique.
En 1999, à la mort du grand joueur, emblème
du rugby pratiqué chez les Bleus ciel et Blancs,
le conseil municipal, à l’unanimité,
le baptisa Stade Jean-Dauger et lui érigea
une statue à l’entrée. Sur son
socle, le message laissé par l’icône,
qui façonna des générations d’attaquants
de grand large : ‘’La passe est une offrande’’.
Une dernière volonté, celle de voir
le ballon lui survivre et survivre à la trajectoire
brisée d’un plaquage, un beau plaquage
aux jambes qui met fin à la course du joueur
mais épargne la balle.
C’est pourquoi on ne vient pas à Jean-Dauger
comme dans un autre temple du royaume d’Ovalie.
Ici repose l’âme du jeu et la ferveur
y est toujours empreinte de retenue car c’est
dans ce sanctuaire qu’a été réalisé
le premier cadrage-débordement.
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