Harry Owen Roe, le ‘’Gallois-Bayonnais’’
L’ouverture à outrance, les ‘’quinze
trois-quarts’’, le ‘’picking
up’’ ou cueillette du ballon à
terre en pleine course, les passes redoublées,
le terrain toujours couvert, toutes les fusées,
enfin, du fameux feu d’artifice, l’Aviron
les lui a dus. Le jeu enseigné par le Gallois
est devenu la ‘’manière bayonnaise
de jouer au football-rugby’’.
Le joueur ? En 1912, il avait battu le record des
essais marqués par une aile française
: 53 essais, soit 27 pour lui et 26 pour son ailier
Poeydebasque. Depuis, au centre, à l’ouverture,
à l’arrière, il pratiqua jusqu’en
1929, devenu aussi légendaire par la longueur
et la précision de son coup de pied, ses drops
et transformations.
Retiré du sport actif, Harry Owen Roe prit
à la commission de rugby la place qu’il
ne devait plus quitter. Resté fidèle
à cet accent mystérieux qui avait tant
de charme pour ses amis, il y est demeuré le
sage conseiller dont la compétence n’est
jamais discutée.
Très attaché à la formation des
jeunes, il les suit, du bord du terrain, leur donnant
de sobres avis, toujours écoutés…
et quelquefois suivis. Il restera l’ennemi des
excès de toute sorte, vins et apéritifs
compris.
A l’heure douloureuse de l’Occupation,
il put, de justesse, s’embarquer aux Allées
Marines pour son pays natal. Il servit dans le prestigieux
corps des Home Guards. Mais il fut le premier britannique
à revenir à Bayonne, chez lui, dès
que la liberté fut revenue. Et nul –
lui moins que personne – n’a oublié
l’ovation qui l’accueillit lorsque son
visage toujours jeune, illuminé de joie, reparut
un beau dimanche dans l’enceinte du stade Saint-Léon.
La ville baptisa de son nom une rue montant des vieux
quartiers vers le stade, passant devant le Garage
de la Nive, siège du club.
L’Aviron Bayonnais a maintenant son adresse
‘’1, rue Harry Owen Roe’’.
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Le début du
siècle a vu la création de nombreux clubs
de rugby à Bayonne : l’Amicale Jean-Macé
de Saint-Esprit, le Stade Bayonnais, devenu section de l’Aviron
Bayonnais, l’Avenir Saint-Léon, l’Amicale
des Allées Marines, et, plus tard, même la
Société Nautique, qui s’essaiera aussi
au rugby à XIII, et surtout la ‘’Battite’’,
l’Association Sportive Bayonnaise, les Verts et Violets,
toujours active de nos jours. L’Aviron part à
la recherche d’un terrain qui lui garantisse tranquillité
et public. Il acquiert une grande parcelle à Anglet
au lieu-dit ‘’Hardoy’’. Le stade
est inauguré le 10 octobre 1909 par une victoire
sur Tarbes. Il sera le théâtre de matchs prestigieux
pendant trente ans, jusqu’à la seconde guerre
mondiale et contribuera à la légende du club.

Photo : Hardoy, le premier stade
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Arrivé dans l’élite,
la section rugby de l’Aviron Bayonnais accède à
sa première finale après seulement trois ans. L’équipe
de la saison 1912-1913, menée par Harry Owen Roe et le capitaine,
l’International Fernand Forgues (et ses deux frères
Charles et Jules), n’encaisse aucun point en trois rencontres
éliminatoires et se retrouve , le 20 avril, au stade de Colombes
(région parisienne) où 20 000 spectateurs ont pris
place. En face de ces provinciaux inconnus, le S.C.U.F. (Sporting
Club Universitaire de France) club parisien fort de neuf joueurs
internationaux français aux gabarits bien plus impressionnants.
Mais la France découvre les Bleus ciel et Blancs de l’Aviron
Bayonnais, des artistes jonglant littéralement avec le ballon
: sept essais à deux (31-8). Adresse de mains, vitesse d’exécution
et participation de tous les joueurs à la circulation de
la balle, c’est ‘’le jeu à la bayonnaise’’,
marque déposée pour longtemps, référence
des frères Prat du grand FC Lourdes des années 50,
ancêtre du ‘’rugby-champagne’’ français,
si déroutant pour l’adversaire et enthousiasmant pour
les spectateurs.
La guerre est là et six des champions de France tomberont
au champ d’honneur.
L’Aviron, ‘’le seul club que l’on appelle
par son prénom’’ est maintenant connu de tout
le pays et reviendra en finale en 1922 et 1923. L’équipe
du grand André Behoteguy fut vaincu deux fois par un Stade
Toulousain atteignant les sommets (0-6 puis 0-3).

Champions de France 1913
Champions de France 1934 |

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